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Un autre témoignage


Lors de l’exposition  de 2006,

organisée par l’Association des Francs Picards

à l’occasion du 90e  anniversaire des combats

de la Somme de 1916.


Denise CAUET a bien confirmé l’atterrissage de

Georges GUYNEMER qui lui avait été raconté par son grand père Albert CRAPOULET.

1

Le père de Paul et Henri : Zénobe Julien MANSART

En 1916, Zénobe Julien MANSART est mobilisé ; pourtant exempté lors de sa conscription en 1892, il est rappelé du 28 décembre 1915 au 22 mai 1917.

La famille MANSART tient une ferme, située rue du puits (maison actuelle de Marie-Paule et Gilles LAVALLARD).


Ce foyer a 3 enfants : Paul, né en 1903, Maria, née en 1905, Henri, né en 1909 (le narrateur)


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Le lieu dit : « La couture »

Zénobe MANSART est à cette époque propriétaire de plusieurs parcelles dans ce secteur, à l’Est du village, relevées sur la matrice cadastrale :


- Au vieux moulin ; parcelles B 186, B 207, 209 bis.

- La couture ; parcelle B 242


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La cigogne, le «Vieux Charles», «l’As des As»

L’emblème de la cigogne est peint sur les avions de l’escadrille N 3  basée à Cachy, en juin-juillet 1916.

«Vieux Charles» est le nom choisi par GUYNEMER pour les avions qui lui sont attribués et qu’il pilote.

L’appellation «As des As» est donnée aux aviateurs ayant abattu 5 avions ennemis homologués. Pour Georges GUYNEMER, c’est le 5 février 1916, qu’il est ainsi connu dans la presse nationale et internationale.

4

Carte anglaise…

Sur cette copie de carte d’Etat Major provenant du British Muséeum de Londres, on peut distinguer les tranchées creusées au Nord-Est du village ainsi que le dépôt de munitions (proche du Bois de Toutencourt), cité dans l’article du Courrier Picard.


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FLUTRE, instituteur

Fortuné Ernest FLUTRE (né en 1862), instituteur de Mesnil-Martinsart depuis 1888, doit quitter son poste, pour remplacer du 2 décembre 1915 au 7 mai 1917, Mr. CAUMARTIN*, l’instituteur d’Hérissart mobilisé. Mesnil-Martinsart, son village, au cœur des combats de 1916 est sinistré. Mr. FLUTRE est ensuite nommé à Harponville.

*mobilisé du 4 août 1914 jusqu’au 30 avril 1917


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Le maire d’Hérissart:

Jean Baptiste DENIS est né le 25 juin 1851, il épouse le 27 février 1878 Maria Louise DENIS ; témoin du mariage son frère Narcisse Alfred DENIS, abbé, professeur de Saint Stanislas à Abbeville. En 1903, l’abbé DENIS, très apprécié par Monseigneur Dizien, le nommera directeur du Grand Séminaire d’Amiens.

A noter aussi, que Jean Baptiste et Narcisse, ont eu une sœur : Marie Augustine Marcelline DENIS, institutrice.

Jean Baptiste DENIS sera maire du village de 1890 à 1919 ; il décède en 1927. Les sépultures du maire et de l’ecclésiastique sont l’une à côté de l’autre dans notre cimetière.


Lors de la publication de cet article dans le Courrier Picard,

la légende de la photo n’avait pas été établie.

Nous sommes entré en contact avec Mr. Philippe OSCHE (co-auteur du livre : «GUYNEMER les avions d’un as»), qui nous a précisé :


La photo a été prise le 19 juillet 1915, lors de la première victoire de GUYNEMER, accompagné de son mécanicien GUERDER.

De gauche à droite : le commandant BOURGEAT, GUYNEMER, le colonel MARCHART, GUERDER ; à l’extrême droite l’aviateur Jules VEDRINES, venu récupéré « le gosse »

(Georges GUYNEMER) comme il l’appelait affectueusement.

Un article dans le Courrier Picard de 1967 !

Les journaux du  moment…  


La veille du passage de Georges GUYNEMER à Hérissart,

tous les journaux, dont :


«L’Abbevillois»,

«Le Mémorial de la Somme»,

«Le Progrès de la Somme»,

«Le Journal d’Amiens»,


annonçaient sa 10e victoire…


Et le jour même, soit le 18 juillet 1916, le «Journal d’Amiens » écrivait l’article élogieux, que tous les lecteurs pouvaient prendre connaissance…


On peut imaginer, il y a 90 ans, la stupéfaction des lecteurs Hérissartois de ce jour apprenant que ce héros national «en chair et en os» était dans leur village !



Le 18 juillet, GUYNEMER a écrit sur son carnet de vol :


« Ronde Somme. Suivi trois L.V.G. (1) pendant 1 h ¼ le long de la Somme. Livré combat avec des Havilland (2) contre ces trois L.V.G. et des Aviatiks. (1)

Salé l’un de ceux-ci pour dégager un anglais, puis un L.V.G. 2 h 30, 3500 m ».


(Extraits du livre « GUYNEMER, les avions d’un as » de Bernard Klaeylé et Philippe Osché). -  (1) avion allemand - (2) avion anglais



Voici donc l’explication de la panne d’essence et l’atterrissage forcé sur notre territoire…, GUYNEMER, est tombé en « panne sèche » à plusieurs reprises pendant sa courte vie d’aviateur,

pris par la passion de ses missions…

    Nos plus vifs remerciements vont à Dany Dheilly pour la richesse de cette enquête.


Nous tenons également à remercier : Monsieur Ghislain LOBEL,

Monsieur Philippe OSCHE, co-auteur du livre : «Guynemer les avions d’un as»

Mademoiselle Frédérique HAMM, Conservateur des Archives départementales de la Somme et ses collaborateurs

Mademoiselle Anne-Bérengère ROTHENBURGER, Conservateur des Fonds Anciens de la Bibliothèque Municipale d’Amiens

et ses collaborateurs

Mademoiselle Axelle CACHEUX, Responsable des Archives de la Ville d’Amiens et ses collaborateurs

Que dire sur l’origine de certains graffitis ?

La plupart des écritures, pourtant d’époques différentes, sont en lettres « bâtons ».

Dans le principe, c’est l’auteur lui-même impliqué qui écrit son propre message, avec souvent : nom, prénom et date d’un événement auquel il est lié. Parfois, ce sont deux noms d’amoureux, mais ils ne sont pas majoritaires à Hérissart. Ou encore le jour exact de la prise de possession de l’église

par l’abbé VIMEUX. Quelques noms d’anglais des guerres de 1914-1918, d’autres de 1940, et un seul Allemand du 26 mai 1940 précisément.

Fort heureusement ces derniers auteurs ont respecté les précédentes inscriptions gravées de la Grande Guerre !


Le graffiti concernant GUYNEMER, exceptionnellement est en écriture avec «pleins et déliés», qui laisse à penser être celle d’un adolescent encore empreint de sa formation scolaire…

Il est également intéressant de noter que le nom est écrit phonétiquement : le « y » a donc été remplacé par un « i » ordinaire.

C’est le seul cas de graffiti utilisant 2 moellons, mais il est vrai que c’est également le seul texte aussi long.

La position, particulièrement haute du texte, nous fait conclure qu’il devait avoir une taille minimale d’environ 1 mètre 60.

Jusqu’au jour, où une découverte majeure

répondant à cette question allait relancer l’enquête…

Illustrations tirées de l’ouvrage “Guynemer, les avions d’un As” par Bernard Klaeylé et Philippe Osché. Profil couleur de Serge Jamois - Editions Lela presse 62230 OUTREAU

La réponse de Philippe Osché concernant l'avion...

Bonjour Monsieur,


    J'ai bien reçu votre courrier transmis par les éditions Lela Presse. Je vais répondre rapidement à toutes vos questions  et pour la simple raison que les carnets de vol de Guynemer ont disparu depuis bien longtemps et seul le journaliste d'époque Jacques Mortane nous en livre quelques éléments.            

        Nous l'expliquons à la page 4 de notre ouvrage dans le chapitre "Introduction". C'est aussi pour cette raison qu'il existe de très nombreuses zones d'ombres dans la carrière militaire de notre héros. Il nous est donc impossible de préciser sur quel appareil il volait ce 18 juillet 1916. A ce propos, nos recherches nous amènent à penser que Guynemer volait sur, entre autres appareils, le Nieuport 10  B n° N 328 "VIEUX CHARLES III" à cette date, voir page 104 du livre.

Que de choses aurions-nous pu découvrir à la lecture des carnets de vol de Guynemer, mais ...!!!!

Cordialement, Philippe Osché

Enfin réflexions et analyses sur les graffitis

Georges Guynemer et la Picardie


Bien que né à Paris le 24 décembre 1894, la famille GUYNEMER, possédait un grand pavillon à Compiègne dans le département de l’Oise. Son père Paul sorti de Saint Cyr avait quitté l’armée lors de son mariage et fait construire la maison en lisière de la célèbre forêt. C’est là qu’il grandit choyé par ses deux sœurs aînées. Il fait ses études au collège de Compiègne. Adolescent, on le décrit comme un enfant intelligent mais orgueilleux et entêté, trépidant d’impatience et même chahuteur, honnête et droit.

Il découvre l’aviation à l’âge de 19 ans à l’aérodrome de Venette-Corbeaulieu. Engagé au début de la guerre, il se voit refuser son entrée dans l’infanterie et la cavalerie pour « insuffisance de robustesse », il pèse alors 48 kg et mesure 1,73 m. Grâce à son opiniâtreté et aux relations familiales, à Pau, il entre dans l’aviation comme aide mécanicien où il apprend une foule de détails techniques. En mars 1915, il entre à l’école d’Avord, où il obtient son brevet de pilote, puis il entame son initiation dans l’observation de l’ennemi au sol et aux réglages de tirs d’artillerie.

Les avions d’observations vont rapidement devenir avions de combats, de chasse en s’équipant d’armement.


Jeune caporal, il est affecté à l’escadrille N.3 des « cigognes » commandé par le capitaine BROCARD.

Ses missions de combats l’on mené en Picardie, d’abord dans le département de l’Oise sur le terrain de Vauciennes, d’où le 19 juillet 1915, il abat son premier Aviatik avec son mécanicien mitrailleur Charles GUERDER.

Ensuite dans la Somme au terrain de Cachy du 28 avril 1916 au 27 janvier 1917. C’est dans notre département de la Somme qu’il abat le plus d’avions ennemis homologués : 22 avions. Toujours en relation étroite avec les mécaniciens, il se rend aux usines Hispano-Suiza ou Spad pour suivre les réalisations et les derniers progrès technologiques, les commentant dans une correspondance détaillée, après les essais afin de les améliorer. C’est ainsi qu’il pilote le premier Spad.

Avec la jeune société Kodak, Georges GUYNEMER s’intéresse aux progrès des appareils photos embarqués.

Ses compagnons sont : DEULLIN, DORME, VEDRINES, HEURTAUX, FONCK etc.


Le 23 septembre 1916, entre Laucourt et Roye, il est abattu pour la 6ème fois… mais par un obus français !

Il est nommé sergent et chevalier de la légion d’Honneur à 21 ans.

Il survole souvent sa chère maison au cours de ses missions, signalant sa présence par quelques acrobaties, lançant un message à sa famille…

De son passage dans notre département, nous savons qu’il s’était lié d’amitié avec le bijoutier Léon MAEGHT de la rue des trois cailloux à Amiens (MAEGHT  avait aussi une bijouterie joaillerie à Lille et à Paris).

Georges GUYNEMER aime aussi les automobiles, l’une d’elles est encore de nos jours exposée à Compiègne.


Puis début 1917, il est basé deux mois en Lorraine, 3 mois dans l’Aisne et enfin dans les Flandres. C’est au dessus de Poelkapelle en Belgique que le glorieux capitaine Georges GUYNEMER, à 23 ans et avec 53 victoires homologuées disparaît le 11 septembre 1917.

Depuis, à cette date anniversaire dans toutes les bases aériennes de France, sa dernière citation est lue chaque année : « Disparu en plein ciel de Gloire ».

Sa devise « Faire face » est devenue celle de l’Ecole de l’Air. La cravate de couleur noire portée par tous les soldats de l’armée de l’Air en est le signe de deuil.


Georges Guynemer : le héros !

Il est incontestable que Georges GUYNEMER est l’aviateur le plus connu de la Première Guerre Mondiale. Pourtant René FONCK avec ses 75 victoires (record d’avions abattus) et parmi elles, l’honneur d’avoir vengé GUYNEMER n’a pas eu cette aura…

Certes, Georges GUYNEMER, chevalier des temps modernes, est le plus jeune et intrépide pilote de cette aviation naissante. A l’image de ses avions volants à 80 km/h en début de guerre pour finir à 220 km/h, tout va aller très vite : ses victoires engendrent les décorations, citations, relatés par la presse contribuant a sa célébrité amplifiée. Ses contemporains lisent les articles du journaliste Jacques MORTANE qui le rencontre à plusieurs reprises, ses virées nocturnes parisiennes et sa liaison avec Yvonne PRINTEMPS, ont été pour lui des facteurs favorables à la fabrication du héros.

Et de ces héros, durant la Première Guerre Mondiale, le peuple français en avait bien besoin.

Dès lors, la date exacte du passage de l’aviateur à Hérissart était révélée et l’analyse du texte paru en 1967 validait le témoignage d’Henri MANSART !...

Un graffiti révélateur !


C’est au milieu du mois de juin 2006, que Ghislain LOBEL, de Bus les Artois, passionné d’histoire et plus particulièrement des deux dernières Guerres, incite Dany DHEILLY à examiner les graffitis gravés dans les moellons de craie. Quel ne furent pas leur étonnement et leur joie de découvrir ensemble l’inscription d’un anonyme, qui témoignait à sa façon :

                                               Guinemer, As des As 18 juillet 1916

Henri Mansart

L'avion de ce 18 juillet 1916... à Hérissart

L’Almanach
de 1914

La Cigogne (Vieux Charles) s’est posée à «la Couture» !

Paul Mansart

Henri Mansart